LE SITE ARCHEOLOGIQUE D’ANCIENNE OLYMPIE

Dans son Discours Olympique (33,2), le célèbre orateur Lysias décrit la région d’Olympie comme “le plus bel endroit de la Grèce”.

Il s’agit d’un lieu que les anciens considéraient “sacré”, car la trêve sacrée y était proclamée, mettant fin à toutes les hostilités pendant les activités religieuses et sportives des Jeux Olympiques. Pendant presque 1.200 ans, le territoire Olympique était glorifié par des légendes divines et honoré par les Jeux Olympiques.

L’Altis sacrée d’Olympie se trouve dans la vallée verte formée par l’Alphée, la “reine” des rivières du Péloponnèse, le Kladéos, une rivière moins impor- tante mais au cours rapide, et le petit mont Kronion.

L’Altis, avec ses nombreux monuments et ses ex-voto, ses temples et ses divers bâtiments, ses autels et ses statues, était le lieu de rassemblement de tous les gens libres du monde connu à cette époque, qui venaient admirer la beauté et la force dans leur forme la plus pure et la plus brillante.

La force et la beauté des concurrents émanaient d’un esprit compétitif noble fondé sur le concours physique et mental. Le fruit de cette compétition était la chose la plus convoitée dans la vie: la santé, le bien-être physique, la beauté mentale et physique – des choses que mêmes les simples visiteurs pouvaient ressentir et apprécier.

L’ALTIS
Les premières ruines furent découvertes à ancienne Olympie grâce aux fouilles effectuées en 1829 au Peloponnèse par la Mission Archéologique Française. Des travaux systématiques commencèrent en 1875 par l’Ecole Archéologique Allemande.
Aujourd’hui, on accède au site par le pont qui traverse le Kladéos. En allant vers l’Altis, nous voyons à droite le Gymnase, incomplètement dégagé, et la Palestre à côté. A gauche, se trouvent les ruines du Prytanée, du Philippeion, du Héraion et du Pélopion.

L’Héraion (temple d’Héra) – au début du VIe s. av. J.C. – est considéré le plus ancien temple d’Olympie. A l’intérieur du temple, il y avait plusieurs ex-voto et au milieu du IIe s. apr. J.C., Pausanias y a vu le disque qui portait l’inscription de l’accord sur la trêve sacrée. C’est là que fut trouvée la fameuse statue d’Hermès de Praxitèle. A côté de l’Hé-raion, se trouve le Métroon avec les piédes- taux des statues de Zeus, appelées Zanes et payées avec les amendes in-fligées aux athlètes qui ne respectaient pas les règlements des compétitions.
En tournant à droite, nous accédons au Portique d’Echo ou Poecile avec sa stèle commémorative, construit par le roi d’Egypte Ptolémée Philadelphe et sa sœur Arsinoé; ensuite, nous arrivons au temple de Zeus. Il s’agissait d’un grand temple majestueux – 27,66 m x 64,12 m d’ordre dorique, à décoration sculpturale riche. Le fronton oriental représente les préparatifs du concours entre Pélops et Oenomaos; le fronton occidental représente le combat des Lapithes et des Centaures. Les douze métopes de la cella du temple au dessus des entrées, aux cotés est et ouest, six sur chaque côté, portaient des sculptures représentant les douze Travaux d’Hercule. A l’intérieur du temple, se trouvait la statue chryséléphantine de Zeus exécutée par Phidias et glo- rifiée plus que toute autre oeuvre grecque classique, en raison de sa beauté et de sa grandeur incomparables.

Devant le temple, a survécu le piédestal triangulaire qui supportait la Victoire de Péonios. Au sud du temple, se trouvent le Bouleutérion et le Léonidaion et à l’ouest, l’atelier de Phidias, le Theekoleon où (étaient logés les prêtres), la piscine et les bains hellénistiques et romains.

Traversant la porte Crypte, on accède au Stade, laissant le mont Kronion à gauche et la rivière Alphée à droite et à l’arrière. La piste a une longueur de 192,27m. Il n’y a eu jamais de tribunes en pierre ou en marbre, à l’exception de quelques tribunes en pierre réservées aux Hellanodices et l’autel en marbre de Déméter, réservé à la prêtresse de la déesse, la seule femme qui avait le droit de suivre les Jeux. On y trouve également des dalles en pierre avec les rainures qui marquaient la ligne de départ.

“Je crois que nous nous trouvons dans un site idéal pour réfléchir
sur l’évolution de notre société. Nous nous trouvons dans un havre
de paix et d’équilibre, où les siècles
sont restés gravés sur la pierre, les méandres
du fleuve Alpheios, la beauté de la végétation
et la sérénité qui règne dans ce lieu unique,
Olympie, où est née la plus merveilleuse
et glorieuse histoire du sport.”

Juan Antonio  SAMARANCH