L’HERITAGE DES JEUX OLYMPIQUES ANTIQUES

Les racines de l’Esprit Olympique se trouvent dans la civilisation grecque antique. En Grèce, pendant l’antiquité, le sport faisait partie de l’éducation globale de l’homme qui visait à l’épanouissement harmonieux de ses facultés intellectuelles, mentales et physiques.

Les Jeux Olympiques étaient célebrés de 776 av. J.-C. jusqu’en 394 ap. J.-C., à Olympie tous les quatre ans et faisaient partie intégrante du mode de vie et du devenir culturel. Leur rayonnement par rapport aux autres rencontres panhelléniques et jeux des cités-états était si grand, que chaque période de quatre ans entre deux éditions des Jeux était appelée Olympiade et servait de mesure chronologique. Durant cette période, les jeunes préparaient leurs corps et leurs esprits, afin d’atteindre la crête de leurs compétences lors du comble de l’Olympiade, les Jeux Olympiques.

Il y avait des palestres et des gymnases, lieux qui servaient à la fois pour la pratique du sport et l’enseignement, dans toutes les villes, à côté des temples et de l’agora. Socrate, Aristote et nombreux parmi les philosophes réputés de l’époque enseignaient dans les gymnases et Platon était lui-même un athlète distingué. Le processus de forma- tion se poursuivait après la puberté, contribuant à la culture et au savoir des citoyens tout au long de leur vie.
Les jeunes apprenaient les arts, la philosophie et la musique et exercaient leur corps, à la poursuite de l’idéal de la “kalokagathia”, vertu et beauté. Ils cultivaient, également, l’esprit du jeu loyal et du fair play et recherchaient l’harmonie en toutes choses.

Conformément à la tradition, les origines de l’esprit sportif, des Jeux Olympiques notamment, sont nées à l’époque préhistorique. Les dieux et héros de la mythologie grecque ont été les premiers à prendre part à des concours, servant d’exemple à tous les Grecs. La conquête de la victoire aux Jeux Olympiques était un honneur suprême pour les athlètes et leurs cités. Les champions Olympiques étaient considérés comme des héros. Les villes détruisaient leurs murailles pour le retour des vainqueurs Olympiques pour montrer qu’elles se sentaient protégées par la présence, parmi leurs citoyens, d’un champion Olympique, dont les exploits étaient exaltés au moyen d’oeuvres de poésie et de sculpture.

Plus de 40.000 personnes, athlètes, philosophes, politiciens, artistes, poètes et pèlerins divers venaient à Olympie de tous les coins du monde grec de l’époque pour suivre les Jeux. La protection des athlètes et des spectateurs pendant leur rude voyage était garantie par la trêve sacrée, au cours de laquelle cessaient toutes hostilités et guerres.
Olympie, lieu sacré et neutre, a ainsi pu contribuer, de manière unique, au-delà des futilités de la vie de tous les jours, à la promotion des idéaux de paix, de liberté, d’égalité et de respect mutuel.

L’esprit de la civilisation de la Grèce antique a servi d’inspiration et de guide aux penseurs du siècle des Lumières. C’est cet esprit et son expression à travers les Jeux Olympiques qu’ont voulu faire revivre, le baron Pierre de Coubertin et ceux qui avant ou après lui ont participé à la réalisation de cette vision ambitieuse, à vocation pédagogique.

Les jeux olympiques à Ancienne Olympie

Le sanctuaire d’Olympie existait bien avant l’époque géométrique (IXe-VIIIe s. av. J.-C.), même avant le XIIe s. av. J.-C. Le premier lieu de culte fut le “Gaion”, un autel consacré à la divinité féminine “Gaia” (Terre- Mère). Le dieu Kronos fut adoré ici, mais il fut détrôné par Zeus, lorsque ce dernier le gagna à un match de lutte, selon le mythe grec. Par ailleurs, à Olympie, Héraclès de l’Ida et ses frères, les Dactyles de l’Ida, concoururent à une course à pied après qu’Héraclès eût marqué l’endroit et la longueur du parcours. Il posa ainsi les fondations des Jeux Olympiques; il fut également le premier à couronner le vainqueur du “kotinos”- le rameau d’oli- vier sauvage. Aethlios, le premier roi des Eléens, dont le nom est associé au mot “athlète”, serait le fondateur des Jeux. Plusieurs autres revendiquent ce titre, selon les mythes, dont Pissos, Oenomaos, Pélops, Pélée, Némée, Oxylos et autres.

Les premières données historiques concernant cette grande fête religieuse et sportive à Olympie, remontent au début du VIIIe siècle av. J.-C. Selon les sources antiques, en 884, le roi des Eléens Iphite, le législateur de Sparte Lycurgue et le tyran de Pise Cléosthène auraient signé un accord, en vertu duquel le sanctuaire serait inviolable et toutes les hostilités cesseraient au cours des fêtes. Cet accord fut nommé “Ekecheiria” (Trêve) et désignait l’ensemble de l’Elide et le sanctuaire d’Olympie sacrés et inviolables.

Les Olympiades sont comptées à partir de 776 av. J.-C., les noms des vainqueurs n’étant pas connus avant cette date. Telle était la place occupée par les Jeux dans la vie des Grecs, que déjà, à l’ère classique, les Olympiades étaient souvent utilisées pour assigner des dates aux événements importants de l’histoire grecque. Graduel- lement, les Jeux devinrent l’événement le plus important de toute la Grèce et Olympie le centre panhellénique de concours. Si Delphes était, selon les Grecs, le centre de la Terre, Olympie était indiscutablement le coeur de la Grèce.

Les Concours

Pendant de nombreuses années, il  n’y avait qu’une seule épreuve: le “stadion”, course à pied (1 stade =192m). D’autres épreuves furent ajoutées à partir de 724 av. J.-C.: la course “diavlos” (2 stades), “dolichos” (24 stades), la lutte, le pentathlon (720 av. J.-C.), le pugilat (708 av. J.-C.), la course de chars, le pancrace (680 av. J.- C.), les sports équestres, les concours d’adolescents etc. Tout aussi anciens étaient, apparemment, les “Héraia” – concours pour jeunes femmes. A l’origine, les prix décernés étaient des cadeaux utiles mais, à partir de 752 av. J.-C., les vainqueurs recevaient le Kotinos, une cou- ronne faite de rameau d’olivier sauvage. Les Jeux étaient administrés par les Hellanodices, des éminents hommes d’Elis, assistés par les “alytae”, et les agents armés de fouets et de bâtons. A l’origine, les Jeux ne duraient qu’un seul jour, mais avec l’accroissement du nombre des épreuves, leur durée fut étendue à cinq jours – trois jours pour les concours, le premier et le dernier étant réservés aux cérémonies et aux sacrifices. La gloire d’Olympie dura 1.200 ans; elle fut si grande, que le célèbre poète Pindare écrivit: “Autant il n’existe rien de plus fort et de plus brillant que la lumière du soleil, autant il n’existe de concours plus grand et plus brillant que celui d’Olympie”.

Changements dans la nature des Jeux

Plusieurs facteurs et événements historiques sont responsables du changement dans la nature des Jeux. Le professionalisme, le désir de réaliser des profits matériels, une émancipation non négligeable des Jeux par rapport à leur caractère religieux et la violation de la trêve, étaient des signes qui s’étaient déjà manifestés à la fin du Ve siècle av. J.-C. Toutefois, les Jeux continuaient à se dérouler sous l’autorité du sanctuaire d’Olympie et la victoire Olympique était toujours l’étape la plus importante dans la vie. Lorsque la Grèce fut incorporée à l’empire romain (27 av. J.-C.), les Jeux furent ouverts aux dignitaires romains, même aux empereurs et, plus tard, à tous les citoyens du vaste empire. Egyptiens, Espagnols, Syriens, Arméniens et autres, sont souvent comptés parmi les vainqueurs Olympiques, ce qui montre que les Jeux d’Olympie ne se limitaient plus à la Grèce   mais   qu’ils   étaient   devenus   universels. Un ordre de Théodose I, en 393/4 après J.-C., mit fin aux Jeux, interdiction rendue définitive par Théodose II, en 424 après J.-C. Le pouls sportif de la Grèce cessa de battre, tous les quatre ans, et Olympie fut réduite en ruines par des tremblements de terre, des incendies, des inondations et ravagée par les pillages et les invasions barbares. Olympie fut détruite mais elle ne fut pas éliminée. Son esprit immortel, son idéologie et la philosophie des Jeux Olympiques survécurent et furent transmis, par la Grèce moderne et par Pierre de Coubertin, à tout le monde contemporain. Les Jeux Olympiques furent rénovés à Athènes, en 1896, et sont toujours célébrés avec la participation d’athlètes de tous les pays de monde.